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l'Atelier du Possible
Compagnie de théâtre
Cours de théâtre

Sur Grenoble


L'Atelier du Possible
Une histoire continue

La première décade : 1981-1994
Naissance et formation continue

         En 1981, cinq jeunes sortent du conservatoire, voulant lancer leur propre compagnie. Ils se regroupent donc autour d’un collectif de six associations grenobloises qui va tenir tant bien que mal pendant deux ans.

Et c’est donc en 1983 que va surgir à proprement dite l’idée de la compagnie. Devant s’appeler à l’origine, « l’Atelier du Possible », ce nom était déjà pris par une association dans le sud de la France. Ce fut donc « Les Comédiens du Possible », fondé en 1984.

Cette jeune compagnie va d’abord marcher sur un mode de fonctionnement classique. C'est-à-dire monter une pièce, la répéter, faire de la communication autour pour les représentations et enfin jouer le plus de représentations devant le plus grand public possible.

Dès le début de la compagnie va être mis en avant le concept de formation continue jusqu’à la fin des jours. C'est-à-dire que tous les acteurs de la compagnie ne sortent pas du conservatoire en sachant tout du théâtre mais ont encore des choses à apprendre et en auront toute leur vie. En même temps que se déroule le fil de la vie, ils en apprendront toujours plus sur le théâtre en bonnes ou mauvaises expériences.
Il s’agit d’un axe fondamental de la structure de l’association dans son fonctionnement. Si la compagnie est bien fixée sur Grenoble, l’esprit lui reste nomade dans un axe de recherche et de formation.
Cependant, de ce mode de représentation classique, ils ne réussiront pas à en vivre et cette première équipe tiendra une décennie.

En 1994, ils ne sont plus que trois du groupe originel et c’est au tournant de cette première décennie d’aventure, dans les années 1993/1994, que la compagnie va connaître un cycle d’évolution qui va faire que l’Atelier sera ce qu’il est aujourd’hui tout en continuant d’évoluer constamment.

Une maturité croissante : depuis 1994
De l'Actor Studio à Peter Brook en passant par Stanislavsky

Les personnes parties ne voulaient pas faire du théâtre leur vie au contraire des trois derniers dont Laurence Rémy depuis ses 17 ans.

A la sortie du conservatoire, la compagnie a rencontré un élève de l'Actor Studio, un professeur argentin qui a fondé une école sur Paris dont Laurence et le reste de la troupe ont suivi la formation pendant trois ans. D'abord en restant 8 mois sur place à Paris, puis Laurence retourne à Grenoble et remonte des fois à la capitale pour suivre cette formation.
L'Actor Studio est une méthode pour les comédiens et acteurs fondée dans les années 40 suivant le système de Stanislavski puis la méthode reprise par Strasberg.
La méthode Strasberg qui devient la référence de l'Actor Studio est le fait que le comédien doit faire exister son personnage, le rendant capable par différents exercices de recréer organiquement (par les sens) tout ce qu’il y a à recréer afin de vivre vraiment des circonstances imaginaires à travers sa mémoire affective, répondant à la question : « qu’est-ce qui me motiverait pour réagir comme le rôle ? », ou d’autres pratiques comme la substitution, le geste psychologique… : l’acteur doit puiser en lui-même émotions et affects. Ce processus laisse une totale liberté à l’acteur « free will » dans le moment, et donne naissance à un jeu organique, toujours basé sur la vérité. Bien que basé originellement à New-York, lorsqu'on parle de l'Actor Studio, il s'agit plus de l'apprentissage de cette méthode qu'un lieu fixe, des écoles de l'Actor Studio étant apparu ailleurs qu'aux États-Unis.

Fort de ses apprentissages au conservatoire et de l'Actor Studio ainsi que de l'expérience acquise au bout de 10 ans, les gens de l'Atelier ont acquis une maturité de travail qui leur fait aspirer à un autre mode de fonctionnement, le but étant d'ouvrir au maximum le champs de la recherche.
Alors qu'avant la compagnie se battait pour ramener du monde dans les salles lors de leurs spectacles, maintenant ils veulent faire du spectacle avec du sens, qu'importe le nombre de gens ramenés.
Comment ? Hé bien c'est là qu'arrive les influences de Peter Brook.

En 1994, Laurence découvre « Le Diable c'est l'ennui », un ouvrage de Peter Brook sur le théâtre. Peter Brook est un metteur en scène, acteur, réalisateur et écrivain britannique. Il est aussi le théoricien de « L'espace vide ».
Là, la compagnie découvre qu'il leur faut éviter le théâtre strictement formel, ennuyeux et lui donner un sens avec des messages à transmettre.
En effet, Peter Brook distingue 4 types de théâtre : « Le théâtre rasoir », « le théâtre sacré », « le théâtre brut » et « le théâtre immédiat ». C’est cette dernière forme qu’il nous faut retenir puisque c'est là que Brook tente d'expliquer sa forme de théâtre idéal. Il y a développé le travail étroit de la mise en scène avec la scénographie, les répétitions avec le travail des acteurs et l'analyse de la réception du spectacle par le public dans un lieu précis. L'espace vide étant sa conception de la scénographie qui repose sur dispositif épuré de décors sur la scène. Le travail repose essentiellement sur l'acteur, les mouvements de corps réels et intuitifs de celui-ci. L'une des choses les plus importantes dans cette école étant que l'artiste ne doit pas se faire une idée complète de l'interprétation de la pièce mais bien à remettre chaque jour les découvertes des répétitions précédente comme si la pièce leur échappait. Le public est aussi une partie de la pièce puisque Peter Brook préconise un théâtre très proche du public, voire un contact direct avec lui, brisant la distanciation qu'il peut avoir entre l'espace scénique accaparé par les comédiens et l'espace d'un public externe et observateur qui regarde cet espace.
Et ça tombe bien puisque Peter Brook est à Paris et donne des formations que la troupe s'empresse de suivre.
Alors qu'on pourrait séparer les différentes écoles de genre théâtrale, l'Atelier du Possible lui se lance dans un travail de conciliation de ces écoles afin de montrer que les genres n'ont pas à s'opposer mais bien qu'on peut en tirer des choses en commun. Il ne s'agit pas de jouer les différentes méthodes en même temps mais de les appliquer au cours d'une pièce, tantôt d'une manière pour le jeu scénique et tantôt d'une autre pour se rapprocher du public et l'intégrer au spectacle, brisant la distanciation que pouvait amener une méthode et inversement.
Nous avons vu la méthode Strasberg de l'Actor Studio et celle de Peter Brook.
Laurence Rémy, elle, reste grandement influencée et admiratif de celle de Stanislavski.

Bien qu’influencé par Stanislavski à ses origines, l'Actor Studio a suivi la voie de Strasberg et les héritiers de Stanislavski reproche à cette méthode de ne considérer les acteurs que comme des sortes de machines à la disposition du metteur en scène et dont l'imitation est le seul talent utile.
Stanislavski est le premier à essayer de nommer la matière théâtrale en intégrant la psychanalyse et de biologie et a rédigé un énorme travail technique pour aboutir à un travail de sincérité. Il est à la base de l'école de l'inconscient et de la méthode du corps pour créer. Lors d'une représentation on n'est pas conscient du public car on s'adresse à l'univers. Sa devise était « jouer juste, jouer vrai ». Et les acteurs héritiers de son système estiment qu'il est de leur devoir de s'élever au niveau du personnage qu'il joue. L'acteur doit se plonger dans son personnage, l'intérioriser et lui créer un passé afin de l’intégrer complètement.

La maturité de travail acquise, l'idée de formation continue à vie lancée, différences influences étudiées et intégrées et la volonté de créer des spectacles ayant du sens vont permettre de lancer l'Atelier du Possible dans un nouveau cycle de travail et de représentation.
Pour comprendre l'engagement de la compagnie et surtout le but de vouloir mettre du sens dans les spectacles, vous pouvez consulter la page de nos spectacles

Une compagnie internationale engagée : Des années 90 à aujourd'hui
L'ouverture au monde et le Bénin

Toujours dans le cycle d'évolution, au tournant des années 1993/1994, s'est instaurée l'idée d'une compagnie internationale.
Pas une compagnie internationale au sens de se représenter partout dans le monde et dans les plus grandes salles mais bien dans le sens de s'ouvrir à d'autres formes et genres. De découvrir d'autres cultures en sortant de Grenoble et de la France, toujours dans la continuation de la formation continue.

La première sortie de l'Atelier hors de l'hexagone se fera lors d'une tournée à Bali dans les années 90.
Après la période des années 90, une tournée en Bulgarie permit à l'Atelier de prendre l'air.

C'est avec cette tournée qu'est arrivée l'Afrique, un « engagement terminée pour un engagement ».
L'Atelier du Possible a fait la connaissance d'une troupe béninoise, la compagnie « Diwé » et depuis plus d'une dizaine d'année entretient un partenariat avec pour permettre à l'Atelier de jouer au Bénin et vice-versa de permettre à Diwe de jouer en France. Mais bien plus au-delà que ces conventions respectives pour jouer, l'apport essentiel de ce partenariat est l'échange de cultures, de connaissances et la vision respective qu'ont les européens sur les africains et inversement.

Si le projet de l'Atelier était de produire du spectacle avec un sens, avec ce partenariat cet objectif se précise puisque un projet de création est monté afin de faire une œuvre qui est au service de quelqu'un, d'une population.
Une pièce se met en place entre les deux compagnies et est jouée en 2007 en France et au Bénin, les deux compagnies s'invitant respectivement dans leur pays d'origine. Le spectacle ayant pour sujet l'immigration et le sort des clandestins en Europe s’appelait : « La vie de Philomène ».

Après cette pièce un nouveau projet a vu le jour : « Obo Kou Pouakou ».
Signifiant « celui qui est parti loin » en langue otamari le spectacle se compose de 5 contes, une nouvelle fois sur le thème de l'immigration et du regard de l'autre.
Afin de préparer le spectacle, un voyage préparatoire à eu lieu au Bénin pour l'Atelier du Possible et une charte d'amitié a été signé en 2012 entre les communes de Boukombe au Bénin et de Lans-en-Vercors en France.
Le projet fur finalement joué en 2015.

Voulant poursuivre cet échange, un plan de travail est fixé avec des projets jusqu'en 2017 pour les deux compagnies.
Les compagnies Diwe et Atelier du Possible

Le trentenaire : 2014
Après la naissance, la gestation

De 1984 à 2014 il s'en est passé du temps.
La compagnie à changé plusieurs fois de local. Passant des rives du quartier Saint-Laurent au Jardin de Ville au 6 bis rue Hector Berlioz, l'association a même changé de nom.
"Les Comédiens du Possible" deviennent "L'Atelier du Possible-Grenoble" en 2006. Permettant de déjouer le fait qu'une association s'appelait déjà ainsi dans le sud de la France en rajoutant ce suffixe Grenoble.
Changement de nom peut-être, mais la vision et l'expérience de l'Atelier sont conservées et restent les mêmes. Ce qui nous permet de dire en 2014 que nous avons bien 30 ans et pas 8 si on prend seulement la compagnie à partir du moment où elle s'appelle "Atelier du Possible".

Ainsi en 2014 nous fêtons notre trentenaire culturel et associatif alors que les choses deviennent de plus en plus difficile. Les subventions sont toujours plus dures à obtenir et les spectacles moins demandés qu'auparavant. Et pourtant nous tenons bon ! Et en réponse à la crise, nous ne réduisons pas nos moyens puisque nous nous triplons.
Le trentenaire c'est aussi l'occasion de fêter l'arrivée de deux nouvelles associations sous l'inspiration de l'Atelier.
Prenez Place et Compagnie en 2014 ainsi que Gremonte Audiovisuel qui va voir le jour en 2015.
Ces trois associations s'associent entre elles et forment ainsi le Zaki.
C'est donc avec confiance que nous pouvons continués à marcher, toujours en équilibre, sur le mince fil de l'avenir.

A l'occasion de ces trentes ans, Gremonte a même réalisé une vidéo pour nous afin de retracer toute notre expérience. Ce n'est que le début d'une longue collaboration.

Trente ans de travail de création et d’éducation populaire, c’est être jeune depuis peu, finalement. Dix années pour sortir de l’adolescence, plus dix ans pour devenir adulte, plus dix années pour prendre place dans le monde : nous sommes prêts.
Avec la lourde tâche d’être à la hauteur de trente petites années de rencontres à qui nous devons tout.


Mais alors qu'est-ce donc que le Zaki ?
 

Et maintenant ? : 2014 - à venir
Zaki, Cercle et toujours continuité

Le Zaki c'est un Keiretsu !
Voila vous savez tout !

Enfin plus concrétement, le Zaki se compose du regroupement des trois associations loi 1901 :
- Atelier du Possible : Compagnie de théâtre
- Gremonte Audiovisuel : Production audiovisuel
- Prenez Place & Compagnie : Urbanisme et culture
Ainsi que du Cercle, un groupe de réflexion sur la culture qui mène de façon totalement ouverte sur l'éthique, l'existence et la production culturelle et artistique.

Trois associations loi 1901 qui sont toutes une structure professionnelle dans leur domaine respectif plus ce Cercle afin de fonctionner de manière complémentaire. S'apporter mutuellement des services, des connaissances et des savoir faire dans un but de partage culturel et dans une logique d'éducation populaire.
L'exemple le plus concret actuellement de cet échange et de ce partage est le projet Andancette mené par Prenez Place & Compagnie où les trois associations apportent chacune quelque chose.

Voila pourquoi notre réponse à la crise n'est pas de se restreindre toujours plus mais bien de nous étendre au contraire afin de construire le plus de choses possibles et de s'entraider.

Le Zaki se trouve au 6 bis rue Hector Berlioz si jamais vous voulez nous trouver. Comme l'Atelier du Possible, comme Gremonte Audiovisuel, comme Prenez Place & Compagnie, comme le Cercle... En fait nous sommes le Zaki. C'est peut-être la meilleure définition à apportée...

Après plus de trentes ans nous sommes maintenant adultes. Avons traversés plusieurs phases, enrichi sans cesse notre expérience personelle, découvert pleins de choses, nous nous sommes ouvert au monde... etc.
Nous sommes adultes et pourtant qu'avons nous appris ? Retenus ? Découverts ?
Pleins de choses et en même temps rien.
C'est bien là le principe de la formation continue. Nous n'aurons jamais fini d'apprendre, de retenir, de découvrir... et cela pour notre plus grand bonheur !



 
 
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